Hier matin.
"Quand la chaleur jaillit, dans l'atmosphère, de la condensation de l'eau, elle occasionne aussitôt des courants ascendants de l'air. Ce n'est pas toujours une région terrestre échauffée qui provoque des vents ascendants. L'air les produit, de lui-même, quand de la vapeur d'eau se condense en nuages, libérant de la chaleur. Alors, l'air prend son essor. Plus il monte, plus il se refroidit, ce qui amène de nouvelles condensations de nuages. De la chaleur en résulte à nouveau, et ainsi de suite. Nous voyons le résultat de tous ces processus qui vont se renforçant : ce sont les belles formes des cumulus d'été (...) qui s'arrondissent en s’échafaudant comme des tours. Il n'y a là qu'un jeu combiné de "geysers" d'où naissent des formes variées et éphémères, rappelant des animaux et des organes. Le motif fondamental des genèses organiques apparaît ici dans toute sa plénitude ; vagues et creux se succèdent périodiquement, quand le vent souffle sur une mince couche de nuages (...) ; les mouvements qui gonflent et qui aspirent alternent, ainsi que les surfaces hélicoïdales, en petit comme en grand. Les petits flocons des alto-cumulus ou des cirro-cumulus correspondent au gonflement ; à l'endroit du flocon, l'air monte, et il redescend contre ses bords. Une multitude de petits circuits d'air remplit le champ "moutonné" de ces nuages. S'il arrive un coup de vent qui repousse tout le champ, les "moutons" se déforment, se désagrègent en fragments qui semblent qui semblent de bousculer comme les glaçons d'un fleuve et aboutissant à des cannelures analogues à celle du sable des grèves ou du lit des ruisseaux.
Nous devons renoncer à décrire ces formes en détail. Qu'il nous suffise d'avoir indiqué qu'elles sont toutes engendrées par des mouvements dont la plupart nous étaient déjà apparus dans notre étude sur l'eau." (Le Chaos sensible, Theodor Schwenk, 1962, p. 113)