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LA ROUTE, L’ESPÉRANCE... L'INCARNATION

LA ROUTE, L’ESPÉRANCE... L'INCARNATION KEROUANTON

   Le 1er janvier 2022, vers 9 heures le matin.

 

   Outre des réflexions intéressantes aux Gaulois de France qui seraient oublieux d'eux-mêmes, Guy de La Fortelle, auteur de L'investisseur sans costume cite pour ses vœux de nouvelle année une pensée profonde et actuelle de Georges Bernanos.

    Philippe Guillemant donne à écouter Guilhem Caysac disserter à partir de la fameuse sentence de Rudolf Steiner sur la vaccination et l'âme en perdition.

   Et Baptiste Rappin enfonce le clou par le langage avec Ivan Illich...

   Je reviens donc "en arrière" - dans le temps chronologique de mes pages pour diapason au magnifique Vent de la nuit.

   Bonne année à chacun, courage et accomplissement !

 

   « Qui n’a pas vu la route, à l’aube entre deux rangées d’arbres, toute fraîche, toute vivante, ne sait pas ce que c’est que l’espérance. 

   L’espérance est une détermination héroïque de l’âme, et sa plus haute forme est le désespoir surmonté.

  On croit qu’il est facile d’espérer. Mais n’espèrent que ceux qui ont eu le courage de désespérer des illusions et des mensonges où ils trouvaient une sécurité qu’ils prennent faussement pour de l’espérance. L’espérance est un risque à courir, c’est même le risque des risques. L’espérance est la plus grande et la plus difficile victoire qu’un homme puisse remporter sur son âme…

   On ne va jusqu’à l’espérance qu’à travers la vérité, au prix de grands efforts. Pour rencontrer l’espérance, il faut être allé au-delà du désespoir. Quand on va jusqu’au bout de la nuit, on rencontre une autre aurore. Le démon de notre cœur s’appelle « À quoi bon ! ». L’enfer, c’est de ne plus aimer. Les optimistes sont des imbéciles heureux, quant aux pessimistes, ce sont des imbéciles malheureux. On ne saurait expliquer les êtres par leurs vices, mais au contraire par ce qu’ils ont gardé d’intact, de pur, par ce qui reste en eux de l’enfance, si profond qu’il faille chercher.

   Qui ne défend la liberté de penser que pour soi-même est déjà disposé à la trahir.

  Si l’homme ne pouvait se réaliser qu’en Dieu ? si l’opération délicate de l’amputer de sa part divine – ou du moins d’atrophier systématiquement cette part jusqu’à ce qu’elle tombe desséchée comme un organe où le sang ne circule plus – aboutissait à faire de lui un animal féroce ? ou pis peut-être, une bête à jamais domestiquée ? Il n’y a qu’un sûr moyen de connaître, c’est d’aimer.

   Le grand malheur de cette société moderne, sa malédiction, c’est qu’elle s’organise visiblement pour se passer d’espérance comme d’amour ; elle s’imagine y suppléer par la technique, elle attend que ses économistes et ses législateurs lui apportent la double formule d’une justice sans amour et d’une sécurité sans espérance. » 

Georges Bernanos, 1945
 
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