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LE TOUR DE L'AIR (Th. SCHWENK)

LE TOUR DE L'AIR KEROUANTON

   Ciel le matin du 6 janvier 2022.

 

   "Pour l'air comme pour l'eau, le mouvement devient sensibilité et peut servir d'instrument à une entité d'un ordre plus élevé. Le mouvement prépare tout acte de création : de même il faut labourer, fouiller, ouvrir un champ, avant de lui confier une semence.

   Ainsi que nous l'avons dit, les flammes sensibles réagissent aussi à la voix humaine. Celle-ci, avec ses immenses possibilités de variation, peut influencer les flammes de la façon la plus diverse. Nous pouvons considérer que, dans le domaine de l'air, le Verbe est un véritable créateur de formes.

   On peut varier les expériences en introduisant un petit obstacle dans le jet sensible. (...) Dans une telle interférence, il apparaît des formes complexes, qui mettent en évidence, encore plus nettement, les lois de l'élément "air". On retrouve des figures caractéristiques du vol des oiseaux et des insectes. Car, en dernière analyse, ce sont les lois de l'air qui créent les corps de ces animaux, et tout leur comportement ne peut que le manifester. Même leurs travaux de bâtisseurs portent fortement la marque de leur nature aérienne ou aquatique. En étudiant ce secteur de la nature, on aperçoit l'immense richesse de formes dont elle dispose, où chaque être puise un élément particulier et le "condense".

   En résumé, les flammes sensibles nous apprennent que l'air est réceptif à toutes les impulsions formatrices qui agissent en lui ou sur lui. Plus l'impulsion est diversifiée, plus grande est la différenciation de jet d'air ou de la flamme. De toutes les sonorités naturelles, la voix humaine, le langage humain, possèdent la gamme de variations la plus étendue. On y retrouve toutes les formes que nous avons précédemment décrites. N'est-ce pas comme si la nature nous apprenait elle-même que le verbe est la source de ses formations infiniment diverses ?" (Le Chaos sensible, Theodor SCHWENK, 1962, p. 123)

 

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