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LA VOUIVRE

LA VOUIVRE BREIZH REVE

   "La pierre de la Wivre, sur le Mont Beuvray, site de l'ancienne capitale gauloise Bibracte. Nièvre et Saône-et-Loire, Bourgogne, France" (wikipedia). 

 

   "De nombreuses vouivres sont représentées comme une sorte de dragon ailé qui porte une escarboucle sur le front. Cet œil, une gigantesque pierre précieuse, est parfois caché dans les roseaux des berges d'une rivière ou d'un lac tandis que la vouivre y pêche, et peut être subtilisé par un voleur audacieux.

   Cette pierre a fasciné les hommes. Leur convoitise se retrouve dans de nombreuses légendes de nos provinces et les amène à la tuer pour s'emparer du diamant comme dans les contes similaires du Cantal, du Puy-de-Dôme, de Vienne, de Basse-Normandie, de Bresse, du Revermont… Paul Sébillot, dans Le Folklore de France, a recensé beaucoup de légendes ainsi qu'Henri Dontenville dans son Histoire et géographie mythiques de la France.

   À Brétigny en Côte-d'Or, "Lai Sarpan du Bois du Roz" avait une couronne sur la tête, un œil de diamant, des écailles brillantes et sonores et un anneau à la queue.

   Dans le conte, Le Serpent au diamant, le bûcheron qui dérobe l'escarboucle apprend de la bouche du roi qu'elle a le pouvoir de transformer le fer en or.

   Dans les montagnes des Alpes et du Jura, un serpent volant aux proportions énormes, appelé vouivre, portait sur sa tête une aigrette ou couronne étincelante, et sur le front un œil unique, diamant lumineux qui projetait une vive lumière que l'on voyait de très loin. Lorsqu'elle voltigeait avec bruit de mont en mont, une haleine de flammes et d'étincelles sortait de sa bouche.

   Selon la légende, on voyait jadis dans les forêts de Luchon de grands serpents qui avaient une pierre brillante sur le front.

   La "Male Beste" des bords de la Garonne est aussi dotée au front d'un seul œil.

   La vouivre/guivre et son escarboucle sont repris à la fin du XIXe siècle sur les enseignes des bijoutiers, avec l'arrivée de l'art nouveau." (Wikipedia)

 

LA VOUIVRE BREIZH REVE

    "Sourcières, mes soeurs", Les Derniers trouvères, 2016 (youtube).

 

   "La Vouivre, la Langue des oiseaux et Les Derniers trouvères.

   La Vouivre, énergie tellurique et dynamique a été contée et racontée par les troubadours du Moyen-Âge qui ont dû créer, à cette occasion, un langage codé pour échapper à l'Inquisition... : c'est le langage des oiseaux qu'on utilise encore pour décoder les rêves par exemple...

  Les esprits de la Nature ne sont pas à côté d'elle, ils sont sa profondeur, sa dynamique, ses élans, son âme. Au Moyen-äge, les alchmistes européens parlaient de l'anima mundi, l'âme du monde, et les spirituels arabo-musulmans de nafs al-Kullyya : l'âme universelle. Cette présence est souvent décrite en termes féminins, mais à la différence d'une mentalité moderne/patriarcale, cette féminité est loin d'être mièvre, émotionnelle. Cette mentalité considère que la Nature et le féminin sont des réalités passives et que seul le masculin est principe actif. La Vouivre est un démenti à ces spéculations misogynes et anti-écologiques. La Vouivre peut être perçue comme l'énergie tellurique qui dynamise la terre et dont les esprits, les élémentaux sont des manifestations localisées dans des lieux : les esprits de la Nature sont les génies des lieux. Au Moyen-Âge, on parlait du genius loci... Henry Vincenot, dans Le Pape des escargots, a dit la Vouivre de belle manière, et avant lui, Marcel Aymé. "On appelle du nom de Vouivre, écrivent Kintia Appavou et Régor R. Mougeot, les courants d'énergie tellurique qui innervent la Terre-Mère, qui lui donne son souffle, sa chaleur, afin de nourrir tous les êtres vivants qu'elle recèle en son sein. Elle est cette énergie fantastique à laquelle on imputait la crue des fleuves, les tremblements de terre, les éruptions volcaniques, les forces terrifiantes de l'érosion qui sculptent les paysages, énergie personnalisée par Gargantua et tous les géants mythiques de nos provinces. Elle est cette énergie qui colore les sources que l'on dit guérisseuses. Les hommes, de tout temps, l'ont représentée sous la forme du serpent-dragon souterrain. En parcourant l'échine de la Terre, elle aspire à rejoindre son complémentaire, c'est-à-dire l'énergie cosmique. Tout ce qui entre Terre et Ciel est voué à ces deux formes d'énergies, et l'Homme est le pivot, le lien les rassemblant et les unissant en lui. Cela lui est fort difficile car les énergies de le Terre sont chaotiques et ce feu peut détruire et dévorer celui qu n'en a pas la maîtrise. Aussi loin que l'on puisse remonter dans le temps, l'on s'aperçoit que le serpent et le dragon jouent un rôle décisif dans toutes les civilisations, de l'Orient à l'Occident, et qu'il est à l'origine des anciens cultes dédiés à la Terre-mère.

   Langage des oiseaux, entre secrets et poésie...

   La langue des oiseaux est un système médiéval de codage inventé par les trouvères et troubadours. Cela permettait de faire passer des messages qui déjouaient la censure des autorités, notamment ecclésiales. Les clés de cette langue sont les sonorités, les étymologies subtiles, les graphies. Les jeux de mots, les calembours sont des résidus profanes de cette langue sacrée. En Français, par exemple, on ira que la maladie est le mal qui dit, c'est donc le dit du mal. La guérison ne peut être qu'une autre parole, un autre dit, un dit du bien, un dit qui nous parle du ciel, c'est la bénédiction, c'est-à-dire la belle/bonne diction, c'est aussi bien entendu, bien entendu ! Les poètes qui parlaient de la Vouivre et de cette Nature vivante usaient de cette langue On peut parler de Rabelais avec son Gargantua. Dans la langue des oiseaux, la géobiologie est la science, par exemple, des esprits de la Nature. Comment pouvons-nous entretenir une relation avec ces derniers ? Il nous faut entrer dans une géographie et un temps subtils. Quitter le présent coincé entre passé et futur, et entrer dans la Présence. Le mot dit bien le caractère féminin du processus ! C'est entrer dans un état dynamique bienheureux, car c'est un bonheur que de "parler" aux elfes et autres lutins :  bonheur est-il autre chose que de se trouver là où il faut et quad il le faut, c'est-à-dire être à la bonne heure ? Combine de rendez-vous sont-ils manqués parce que nous ne sommes pas à la bonne heure, mais à la mauvaise heure, le malheur !

   La géobiologie comme science des lieux dans lesquels les esprits de la Nature diffusent leur flux, nous conduit à faire vivre une physiologie subtile. Peut-on voir ou toucher ces esprits ? Question normale, mais qui se trompe de verbe. La vue, le toucher, les autres sens sont des fonctions d'organes de sens de notre corps physique : ils nous aident à entrer en rapport avec la matérialité de notre monde. Mais le dialogue avec les esprits suppose que nous entrions dans la profondeur subtile de nos cinq sens : la langue des oiseaux dirait la nécessité d'une apprentissage (apprendre le tissage, maîtriser les liens) pour le mouvement de nos sens vers leur essence (e-sens, ou le e figure l'unité des trois plans de l'être). Ici, la profondeur qualitative de la vue est la claire voyance, de l'ouïe, la claire audience, du touche, le tact... Cela dessine une physiologie subtile qui permet grâce à une écoute sensible, poétique, de contacter ces esprits.

   La musique aussi nous transporte dans des états modifiés de conscience. La musique dont il faut entendre l'inspiration ; les muses. Les Derniers trouvères participent à ce mouvement de réenchantement du monde. Il s'agit d'une ensemble musical dont la vocation est de faire vivre les valeurs traditionnelles à travers une forme nouvelle. Et parmi ces valeurs, la célébration des esprits de la Nature n'est pas le moindre. Dans leur dernier album, Un Fabuleux héritage, ils nous font entrer dans un univers enchanté qui est au sens propre une "vue de l'esprit", c'est-à-dire une manifestation de l'énergie. Dans l'imaginaire médiéval et antique, d'Orient et d'Occident et d'ailleurs, du Nord et du Sud, ces énergies, ces esprits de la Nature vivante sont des expressions de la Vouivre, fée-dragon qui dynamise la Terre, dynamique spirituelle et concrète. Sur des rythmes médiévaux européens, Les Derniers trouvères enchantent nos âmes et font chanter les voyelles qui cheminent sur les voies de la Vouivre de cette Nature et sonner les consonnes qui structurent notre terre."

   Mohammed Taleb, 2007 (elaboratoire).
 
 
 
    "Le Chevalier vert", Les Derniers trouvères, 2012.
 
 

   "Danser encore", HK par Les Derniers trouvères, en 2021 en vallée du Cousin (Yonne, Bourgogne) mars 2021 en Vallée du Cousin (Yonne, Bourgogne).

 

 
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