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JEAN FOUQUET, ENLUMINEUR

JEAN FOUQUET, ENLUMINEUR BREIZH REVE

  commons.wikimedia...Sainte_Apolline

   " "Au temps de l'empereur Decius (ou Dèce ; 251-253), une affreuse persécution s'éleva à Alexandrie contre les serviteurs de Dieu... Une vierge remarquable, d'un âge fort avancé, nommée Apollonie (ou Apolline), ornée des fleurs de la chasteté et de la pureté... fut conduite au tribunal des méchants" (Légende dorée de Jacques Voragine). On lui brisa d'abord les dents (épisode retenu ici par Fouquet), puis elle se précipita d'elle-même dans le bûcher qu'on lui destinait.

   Nous avons déjà rencontré Arnoul Gréban et son Mystère de la Passion (le Portement de croix), Fouquet nous livre ici, avec son étonnant grouillement moyenâgeux, le développement pictural de ce spectacle complet, théâtre dans la rue, avec force participants déguisés (en anges, en guerriers, en hommes sauvages et velus, en musiciens...). Jean Fouquet fut scénariste et organisateur de fêtes et de réceptions, comme nous l'avons vu. Il a déployé la tribune de ses échafauds, "mansions" et autres décors. Hugo van der Goes, Jérôme Bosch, Bramante, Léonard de Vinci, Raphaël, Palladio furent également sollicités pour organiser ces représentations, animer les tréteaux. Tout comme Fouquet au XVe siècle, Watteau et Tiepolo seront encore appelés trois siècles plus tard pour monter des spectacles.

   Nous avons ici une véritable démonstration de sadisme collectif et plus qu'un psychodrame, ordonnancé par Décius  en personne (le vieillard à barbe blanche du centre). Quant à l'homme de gauche qui tâte et montre son fondement à la suppliciée par mépris, c'est un geste commun  au Moyen Âge. On faisait jouer de la musique à grand bruit pour couvrir le cri des suppliciés. Les quatre bourreaux, rose-rouge, tirent dans les quatre directions. Extraordinaire "reportage" que ce tableau !"

      In Jean Fouquet, Prince des enlumineurs, Guy Annequin, Crémille, 1989, pp. 78-79. 

 

   "Lorsque le 30 mai, Jeanne d'Arc, jeune fille de 19 ans, monte sur le bûcher de la place du Vieux-Marché de Rouen, le futur roi de France, Louis XI, et celui qui sera bientôt le plus grand peintre français de son siècle, Jean Fouquet, le Tourangeau, n'étaient que des garçonnets d'une dizaine d'années qui, probablement, vivaient intensément leur époque de crise et de mutation profonde.

   La guerre, dite de Cent ans, allumée en 1338, n'allait s'achever qu'en  1475, date précisément vers laquelle nous cessons d'avoir des renseignement sur Jean Fouquet. La France est alors exsangue (...).

   La guerre de Cent ans fut une période d'angoisse, d'extrême misère pour beaucoup (inflation galopante et désespérante), période émaillée de violentes controverses religieuses accompagnées d'une chute brutale des valeurs morales, d'épidémies renouvelées et meurtrières, avec une remise en cause de la féodalité et donc de toutes les structures de la société. L'art reflète cette crise avec ces secousses, et le nouveau réalisme ambiant : les images macabres de cadavres les évocations allégoriques de la Mort, et les apocalypses abondent au XVe siècle.

   L'art courtois du "Gothique international", avec ses élégances, son maniérisme et ses fééries; qui a fleuri en Europe entre 1390 et 1420, n'est plus qu'un souvenir quand Fouquet s'ouvre à la vie et se forme à son art. Entre 1420 et 1436, Paris, ancien phare artistique et foyer du style courtois, est occupé par les Anglais. Les artistes l'ont déserté pour les diverses cours (Bourgogne, Berry, Provence, etc.) et seul l'atelier du Maître dit de Bedbord y semble en activité. La cour de France s'est réfugiée à Bourges et dans la vallée de la Loire où les futurs souverains vont bientôt faire construire de superbes châteaux.

   Au début du XVe siècle perce la Renaissance. Culture et art amorcent un nouveau virage, au début sous deux cieux principalement, dans les États italiens, et dans les Flandres. Mais Fouquet sera l'homme d'une troisième courant, faisant certes la synthèse des deux premiers, mais affirmant aussi le génie national français, fait d'invention, de calme, d'équilibre et de grandeur. Il maintiendra les qualités traditionnelles du terroir.

   (...)

   Face à ces deux courants nouveaux, Fouquet, qui les a assimilés, a su garder son entière personnalité et se montrer tout aussi inventif et sensible. Comme tout artiste de génie, il a créé son univers, l' "univers-Fouquet". "

   In Jean Fouquet, Prince des enlumineurs, Guy Annequin, Crémille, 1989, pp. 7-8.

 

JEAN FOUQUET, ENLUMINEUR BREZH REVE

   La Descente au tombeau, Jean Fouquet, vers 1460-65, 168 x 259 cm huile sur bois (noyer),

   "La Pietà dite de Nouans est un tableau attribué au peintre français Jean Fouquet conservé dans l'église paroissiale Saint-Martin de Nouans-les-Fontaines dans le département d'Indre-et-Loire, en France. C'est le fragment d'un grand retable d'église, le seul subsistant dans l'œuvre de Jean Fouquet." (wikipedia).

 

 

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