Jan van Kessel le vieux (1626-1679), Nature morte aux fruits (https://www.liveinternet.ru/users/agi09/post401869871/)
"Toutes les variétés de raisins produisent des fruits gorgés d'eau et de sucre (de 12 g à 15 g pour 100 g). Cette forte teneur en sucre monte jusqu'à 76 g dans le raisin sec. Elle confère au raisin une valeur calorique appréciable.
Très pauvre en protéines, il ne pourvoit pas l'organisme de déchets azotés nuisibles. Il contient peu de vitamines. Le fer y est en proportions comparables à celles des épinards, c'est-à-dire modestes ; il est plus abondant dans le raisin rouge que dans le blanc.
La cure de raisin frais était autrefois une pratique très courante, surtout en Allemagne : elle consiste à prendre deux ou trois kilos de raisin par jour pendant un mois - généralement en septembre, lorsque le raisin est de saison. Ces cures font merveille contre l'obésité, la goutte, la constipation, les dyspepsies, les hémorroïdes (surtout avec le raisin noir), les lithiases hépatique et urique. Enfin, la chute du taux d'acide urique qu'elles entraînent l'indique dans le traitement des arthrites et des rhumatismes. En usage externe, le jus de raisin est censé revitaliser les peaux grasses sujettes à l'acné par application sur le visage durant une quinzaine de minutes.
La vigne a récemment entrepris une seconde carrière en pharmacie. Ses feuilles rougissent à l'automne – en particulier celles de la vigne vierge - et laissent apparaître leurs nervures ramifiées en forme de réseaux veineux. En vertu de la fameuse théorie des signatures, elles se
devaient donc d'être conseillées en cas de mauvaise circulation sanguine. C'est bien ce qu'il advint, puisque les feuilles de variété rouge, dites "teinturières"», de la région bordelaise, riches en substances appelées "anthocyanes", sont employées pour les troubles de la ménopause et dans le traitement des affections veineuses : protectrice des capillaires grâce à ses pigments à propriétés vitaminiques P5 et astringente par ses tannins, la vigne rouge est un excellent tonique veineux, comme d'ailleurs les baies de myrtilles et de cassis, actives grâce aux mêmes pigments.
Il semble bien que le vin rouge conserve ces mêmes propriétés dues
aux pigments anthocyaniques. Selon l'enquête épidémiologique Monica dont il sera question plus loin, la mortalité par accidents coronariens varie d'un facteur 1,5 entre Toulouse et Lille. Or les Toulousains boivent plus de vin rouge que les Lillois et mangent davantage de fruits et de légumes frais."
In Des fruits, Jean-Maris Pelt, Fayard, 1994.
Jan van Kessel le vieux puis Bartolomeo Bimbi, natures mortes avec cochons d'Inde : liveinternet.ru & mutualart.com