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DANS L'ASSIETTE

   Reprise de Tsukeshoin, à partir de : http://temoignagechretien.fr/articles/lintegration-impossible-des-bretons

  "GUYVARC'H Didier. "Un manifeste de 1851 contre les immi­grés bretons", revue Genèses, 24, 1996. Trajectoires. pp. 137-144. Disponible sur www.persee.fr

 

   "La cuisine campagnarde était autrefois des plus simples. Le paysan breton, comme celui des autres provinces de l'Ouest, était pauvre et se nourrissait d'une soupe assez maigre avec du pain qui était rarement blanc.

   Jusqu'à la moitié du XIXe siècle, on ne consommait pratiquement pas de légumes. Les châtaignes, dans les régions où il y en avait constituaient la majeure partie de la nourriture. Avant l'arrivée de la pomme de terre, qui fut à tous points de vue une révolution, la lentille était cultivée dans bien des régions. A cette époque, il n'était pas question de lui ajouter du petit salé !

   La nourriture de base était la bouillie et la galette de blé noir. Bouillie d'avoine et de sarrazin se partagent la faveur des gens de l'Ouest ! En Haute-Bretagne (pays gallo) comme en pays bretonnant on fait encore des "groux", sucrés ou non. Il est bon de rappeler que depuis quelques années le goût pour toutes ces nourritures rustiques, mais combien savoureuses, est revenu aux Bretons comme à leurs visiteurs.

   Malgré le peu de légumes, le goût pour la soupe était général. Au XVIIIe siècle, le pauvre et le riche en mangent. Elle a même donné son nom au repas du soir. En effet, pour dîner on dit encore aujourd'hui "manger la soupe".

   Disons pour mémoire qu'à cette époque, on appelait "soupes" les tranches de pain sur lesquelles on versait le bouillon.

   Que demandaient autrefois le paysan et l'ouvrier ?  Un bon plat complet qui réchauffait, l'hiver, et tenait au ventre ! Le temps passant, la culture et l'élevage s'intensifièrent et la nourriture s'améliora de façon spectaculaire, surtout dans les villes, car le paysan resta frugal. Les repas mémorables de ces derniers, dont on a tant parlé, ne sont, cependant, pas un mythe. Les "fricots" et les "festins", s'ils existent encore aujourd'hui, ne sont pas fréquents. Pour toutes ces agapes en commun qu'étaient les repas de "batteries", des "aires-neuves" ou les réunions de famille auxquelles les voisins participaient souvent, les maîtresses de maison ont amélioré les soupes rudimentaires et en ont fait les savoureuses potées que nous apprécions  tous encore aujourd'hui. Que d'imagination dépensées pour ce célèbre plat ! (...)

   In Cuisine populaire de Bretagne, Simone Morvan, Jos, 1991, pp.1-2.

 

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