Le champ de "patates" et le petit garçon, dans l'amusement du défi de la difficulté à relever...
Du temps du grand potager - selon les témoignages recueillis -, devenu prairie bien avant mon arrivée (désormais "forêt équatoriale" !), le cytise dut participer de ces plantations en bordure de parcelle, souvent alimentaires (fruitiers), parfois décoratives sinon d'ombrage, afin de préserver les zones de culture proprement dites où rien d'autre que des bulbes et rhizomes hauts en couleurs (glaïeuls, dahlias), des ancolies (un pied retrouvé !), des fuchsias peut-être - en version traditionnelle tardive, et toujours en situation aussi restreinte qu'encadrée -, ne devait rivaliser avec la terre nourricière et ses précieuses récoltes.
[On sait maintenant que la dense verdure pourvoyeuse de carbone et d'azote mérite de se substituer au potager du travail de la terre, tant que maîtrisée spatialement pour les productions attendues.
Le naturel en modèle-moteur, soit le sol couvert et de préférence fourmillant de racines, est une approche autrement plus fertile et économique que le dur labeur (labour, amendements, désherbage) - que la Bible dénoncerait (à travers l'histoire d'Abel et Caïn - selon Konrad Schreiber), du compost pouvant s'adjoindre pour les légumes les plus gourmands.]
Le grand cytise est tombé en février pour cause de chute de neige aussi brutale que fugace, là où le lierre qui l'avait conquis au point de former une longue et large robe alourdissait la charge, fatale.
(J'aurais dû aérer une fois encore les rameaux étouffés par les lianes !? L'abri généreux des oiseaux, des moineaux - si querelleurs en soirée, les baies dans la froidure, l'étonnante silhouette en jupes oscillant au-dessus de la cour, la tâche assez ingrate de surcroît ont remis la décision à l'incessant "plus tard"... A jamais !)
Et c'est son "rejeton", jusqu'ici abrité dans la défaveur, poussé en biais pour échapper à la proximité parentale, qui paraît ce mois de mai dans une abondante floraison.
Le jaune qu'il dégage n'est pas ordinaire en plus du penchant du tronc !
Il multiplie les magnifiques grappes de fleurs typiques des fabacées, bourdonne d'insectes, polarise la vue.
Sa tonalité frôle-t-elle (ou persisterait dans ?) le dérangement que le reste du panorama invite par la dévolution chromatique et formelle d'un grand tableau animé, tandis que la moindre balade alentour fait repérer les cousins et les frères dans la sentence émue :
penchés ou non, pas faciles, chers cytises !
De quel jaune vous parez-vous ?
Saturé et terni par un soupçon de bleu, noir ou rouge...
Bruissant de quelle verdure doucereuse, d'accord troublant toujours ?
Comble des artifices génétiques ?
Est-ce la raison de votre rareté en jardinerie ?
(Ou la toxicité de vos graines ? : rustica).
Attention donc, souci esthétique patent, en jaune ou pas.
L’œuvre de la continuité est à l'épreuve.
De la vie et de ses dispositions.
Du voyant enchanteur et au criard nuancé de rouge ? Chacun jugera des couleurs d'un arbre qui ne doit ni laisser indifférent, ni embêté (tout ce qu'il encourage par trop au jardins de campagne, traité sans souci de contexte).