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SAINTE MARGUERITE EN BRETAGNE

SAINTE MARGUERITE EN BRETAGNE BREIZH REVE

   "L'étonnante statue de bois de sainte-Marguerite, très abimée, a disparu vers 1964 de l'église de Tréflaouenan où elle occupait le dessus d'un confessionnal près des fonts baptismaux. Cette œuvre saisissante aurait mérité une restauration. Les couleurs vives du dragon renforçaient son aspect spectaculaire." (in Le Dragon en Bretagne, Mythes et symboles, ibid., p. 48, dessin de Philippe Arlaux).

 

SAINTE MARGUERITE EN BRETAGNE BREIZH REVE

   La voûte lambrissée de la chapelle de Notre-Dame du Tertre de Chatelaudren reprend la légende de Marguerite en dix-huit panneaux peints vers 1450 dans la chapelle qui lui est dédiée et reprennent l'épisode du dragon. (pinterest)

 SAINTE MARGUERITE EN BRETAGNE BREIZH REVE

SAINTE MARGUERITE EN BRETAGNE BREIZH REVE

   (iconeslamour...sainte-marguerite-dantioche-a-la-chapelle-notre-dame-du-tertre)

    "Le commanditaire devait avoir une dévotion particulière pour les trois saints dont la vie est racontée sur les panneaux de bois peints de la chapelle mais n’oublions pas que sainte Marguerite est une des saintes les plus populaires du Moyen Âge. On peut aussi imaginer que l’histoire personnelle du commanditaire était liée à ces saints. Peut-être que sa bien-aimée rencontrait des difficultés à enfanter… 

   L’histoire de sainte Marguerite est racontée dans la Légende dorée de Jacques de Voragine (page 334) mais on ne trouve aucune base historique, ce qui explique l’abandon de son culte par l’Église catholique lors du concile de Vatican II."

 

   "Sainte Marguerite (à ne pas confondre avec sainte Marguerite d’Écosse) aussi nommée sainte Marina d’Antioche, est issue d’une famille païenne. Elle naît à la fin du IIIe siècle à Antioche. Élevée par une nourrice chrétienne, elle grandit dans cette foi et demande le baptême. Son père, le découvrant, la chasse et Marguerite devient bergère. Un gouverneur romain, Olibrius, l’aperçoit et s’en éprend au point de vouloir l’épouser. Il trouve tout "noble en elle" et lui dit qu’aucune perle (Jacques de Voragine associe le nom de Marguerite à celui d’une perle ; mon amie Virginie me précise : en grec μαργαριτάρι, margaritári veut dire perle) n’égale sa beauté… Mais Marguerite refuse ses avances car elle a fait vœu de virginité. Dès lors, Olibrius, furieux, lui fait subir toutes sortes de tourments.

      Le diable lui-même se rend dans la prison où elle est enfermée. Il avale la sainte qui en ressort miraculeusement en lui transperçant le ventre grâce à son signe de croix. C’est pourquoi on la représente généralement "issant d’un dragon" (sic). Selon La Légende dorée, elle aurait vaincu ainsi symboliquement le diable et le paganisme.

   Finalement Marguerite est décapitée à l’âge de 16 ans, mais elle demande, avant son exécution, à faciliter l’accouchement des femmes (y a-t-il un lien avec sa sortie miraculeuse des entrailles du dragon ?). Depuis le Moyen Âge, sainte Marguerite est invoquée pour faciliter les naissances et plus largement pour protéger les femmes enceintes."

   iconeslamour

 

SAINTE MARGUERITE EN BRETAGNE BREIZH REVE

   Les lambris de la chapelle Notre-Dame du Tertre de Chatelaudren consacrés à sainte Marguerite, dans la chapelle éponyme (iconeslamour).

  + iconeslamour

 

   "L'épreuve du dragon est peut-être une déformation de celle du chaudron. On peut y voir aussi le mythe du monstre qui avale sa proie et la recrache transfigurée, comme la baleine de Jonas. Enfin Marguerite est vierge : par sa pureté, elle échappe au tyran qui en veut à son innocence. Dans L'Apocalypse de Paul du IIIe siècle, les jeunes filles qui ont péché contre la chasteté et tué leurs nouveaux-nés sont livrées à des dragons et à des serpents. Le baptême de Marguerite est sa seconde naissance, sa sortie du dragon des ténèbres du paganisme, sans souffrance ni blessure, vers la lumière du christianisme.

   Tous ces symboles cumulés expliquent pourquoi, bien que vierge, elle est devenue en Bretagne la patronne des femmes en couche et vénérée jusqu'au début du XXe siècle pour un enfantement facile et sans séquelles pour le nouveau-né.

   Chaque paroisse possède au moins une statue de Marguerite sur son dragon, datant le plus souvent du XVIe siècle, période où elle fut le plus populaire. Comme pour les groupes de saint Georges, le dragon intéresse particulièrement le sculpteur breton, qui couvre son corps d'écailles ou de pustules, le badigeonne de couleurs crues, s'attarde sur sa gueule béante et dessine des volutes avec sa queue. (...)"

   In Le Dragon en Bretagne, Mythes et symboles, ibid, p. 49.

 

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