Encore un emballage ?
La période de vacances scolaires se termine et la chambre destinée à l'accueil de voyageurs rêveurs de braise n'a pas bougé, ni trouvé la moindre amélioration : le travail contractuel à l'extérieur a tout pris (combien de dimanches avec), l'achat de quelques meubles ou objets anciens volé sur le temps, en contrepartie de l'usage assez intensif d'une camionnette empruntée.
L'armoire qui attendait son sort au milieu de la cour depuis avant-hier, (extraite beaucoup plus facilement que prévu du fourgon), avec tout de même 2 nuits à la belle étoile, est de ces acquisitions emplie de promesses, encore mystérieuse sur son âge préjugé respectable (mais pas sûr du tout...).
Elle est destinée à égayer le sombre rez-de-chaussée de la vieille maison, en tant que beau rangement. Masse affirmée sans excès, décorée d'une sculpture en léger bas-relief très couvrante (un classique breton inauguré précocement) que les rayons de soleil épisodiques sauront caresser, c'est du moins la première intention...
Mais quand les bras manquent, les idées aventureuses ici payantes surviennent et l'entrée en salle finit par se faire.
De pieds en paire dansante, avant tout chaussée !
Chaussons d'armoire et petit curieux dérangé.
Constitué de 2 couvertures emballées dans une bâche, la base plane de transport s'est vite transformée en gros patins, un pied puis l'autre soulevés et portés le plus délicatement possible pour ne pas arracher le sol naturel, le tout dans une posture basculée, retenue dans l'avancée, pour moi à reculons avec l'armoire reposant principalement sur les deux pieds chaussés, son poids entier centré dans un angle d'environ 45°.
Presque un jeu d'enfant !
J'ai ainsi pu "tirer" le meuble d'un pas à l'autre sur une distance de plus de 10 mètres, aidé de mon fils aux commandes pour démarrer la mise en angle puis contrôler une éventuelle perte d'équilibre. L'effort a été réduit au maximum et les dégâts limités à l'usure anormale de la bâche aux points d'appuis, une très légère et seule marque linéaire sur les herbes de la cour (un pied).
N'avons-nous pas ainsi expérimenté l'exploitation optimale des forces naturelles de la gravité dont nos ancêtres ont su tirer parti eux aussi, c'est du moins l'une des mes certitudes ancrées concernant les extraordinaires chantiers médiévaux, quelles que soient d'autres représentations, où le Breton glorieux, entouré de ses précieux amis ou voisins, est de sortie...
En bonne voie d'entrée, le seuil garni des couvertures bâchées, repositionnées pour l'occasion.
Le plus dur reste à faire, sous un plafond réduit : remettre l'armoire sur pieds, au nombre de 4 cette fois, et à la bonne place... Ce sera un jour à venir, afin de ne pas commettre d'erreur fatale et après avoir ré-examiné nos ancêtres à l’œuvre sous la plume d'Olivier Perrin.
Glorieux ces ancêtres ?
Nombreux et élégants !
(Malins ?)

Olivier Perrin, le déménagement de l'armoire. Source pour l'internet : http://www.albertinebzh.fr/diaporama_meubles.php
A noter que la position de l'armoire est celle que nous avons adoptée.
Dernières remarques quant aux contextes et solutions :
- quand on sait que l'on peut compter sur des bras, le raisonnement est autre,
- une cour trempée, une terre grasse pleine de flaques oblige à emporter.