Panneau droit du "Triptyque de Werl", dit de Sainte-Barbe, 1438, Maître de Flémalle, probablement Robert Campin (vers 1378 -1444).
Une pièce et des détails suggestifs des intérieurs fortunés du début du XVe siècle en pays flamand.
L'iris dans son vase est particulièrement troublant dans sa pérennité décorative... La bassine dorée trouve sa place... une serviette et son support au-dessus. Le banc... dont la barre du dossier pourrait être mobile, ajustable d'un côté ou de l'autre afin de choisir le feu de face ou de dos ? Point de repose-pied dans le premier cas ?
Que de beauté culminée par le portrait d'une femme - sainte - lisant.
"Ecole flamande
Ensemble des artistes et de la production artistique des pays de langue flamande avant la constitution de la Belgique. (Les historiens d'art ont souvent étendu cette notion à la production des Pays-Bas du Sud, Wallonie comprise.)
L'art flamand, du Maître de Flémalle à Van Eyck, de Lucas de Leyde à Rubens, marqua considérablement l'art européen, et notamment français, sans cesse tiraillé entre les influences nordique et italienne.
L'enluminure resta la forme picturale la plus pratiquée du XIe au XIVe s., dans la seconde moitié duquel elle attint son apogée : Jean de Bruges, à l'instar d'autres peintres flamands travaillant en France, tempéra l'élégante stylisation des manuscrits français par une représentation moins idéalisée des paysages et des figures secondaires. Peint par les frères de Limbourg avant 1416, le manuscrit des Très Riches Heures du duc de Berry représente la forme la plus avancée du « style international » et préfigure avec ses descriptions de la vie quotidienne la peinture de genre.
Au XVe s., apparut un nouvel art, la peinture sur panneaux de bois. À la perspective linéaire mise au point par les Italiens pour structurer l'espace selon des principes mathématiques les artistes flamands préfèrèrent l'analyse empirique et s'attachèrent à représenter le monde visible dans tous ses aspects : dès les années 1420, leur principale innovation, la peinture à l'huile, leur permit de rendre les détails les plus infimes des natures mortes et des paysages, ainsi que d'utiliser des effets de lumière sur les formes et les textures ; appliquée en couches transparentes superposées, la peinture à l'huile prit des couleurs riches et brillantes, qui furent la marque distinctive de la peinture flamande et que l'on retrouve, par exemple, dans la Vierge au chancelier Rolin, de Jan Van Eyck (vers 1434).
La pensée symbolique du Moyen Âge s'accompagna d'un grand intérêt pour le monde laïc et matériel, et les peintures flamandes du gothique tardif sont toujours, malgré leurs sujets religieux, riches de détails quotidiens, investis d'un symbolisme spirituel. Ainsi, sur le Retable de Mérode du Maître de Flémalle (vers 1425-1427), un objet usuel, une serviette, évoque la pureté de la Vierge : en plaçant les événements religieux dans un contexte contemporain, les artistes flamands conférèrent une spiritualité au monde physique.
Bien que partageant toutes ces caractéristiques, les artistes gardaient chacun leur style. Van Eyck fut le premier peintre flamand à signer ses tableaux, calmes et sereins, et exceptionnels par leur traitement de la lumière et du détail. Rogier Van der Weyden, quant à lui, était plus intéressé par le rendu des émotions humaines. Tandis que son maître, le Maître de Flémalle, plaçait de robustes figures dans des environnements régionaux, Van der Weyden isola l'intensité religieuse de sujets quotidiens en les traitant avec un grand raffinement de la forme, rythmée par une ligne rigoureuse. Hans Memling traça le portrait de ses contemporains avec une simplicité sans apprêt et un remarquable sens de l'observation, tandis que Hugo Van der Goes exploitait les possibilités symboliques des détails réalistes dans des œuvres qui traduisent une intense spiritualité, et font de lui un lointain annonciateur des expressionnistes du XXe s..
Dès le milieu du XVe s., les peintres flamands suscitèrent l'admiration des artistes italiens, qui furent particulièrement influencés par une œuvre comme le triptyque Portinari (vers 1475), peint par Hugo Van der Goes pour une église florentine. Au début du XVIe s., tandis que l'humanisme se répandait en Flandre, ce fut au tour des Flamands d'imiter l'art de l'Italie, où ils allaient s'imprégner de l'esprit de la Renaissance. C'est Jan Gossaert, dit Mabuse, qui introduisit en Flandre la manière italienne du nu et les sujets mythologiques. Quentin Metsys, le fondateur de l'école d'Anvers, resta étroitement lié à la tradition nordique, mais emprunta à Léonard de Vinci ses jeux d'ombre et de lumière, ainsi que certaines règles de composition. Quant à Bernard Van Orley, il représenta les figures humaines avec une technique héritée de Raphaël, dont il avait pu admirer les cartons de tapisserie, présentés à Bruxelles vers 1515.
Sous l'influence italienne, l'art flamand se tourna du gothique tardif vers le maniérisme ; le goût prononcé pour le détail n'empêcha pas un désir de généralisation et de modèles à plus grande échelle, qui donna naissance aux grandes compositions à personnages de la fin du XVIe s..
Par ailleurs, les préoccupations traditionnelles de la peinture nordique restaient vivaces. Les Flamands conservaient leur renommée dans l'art du portrait, tandis que, vers le milieu du XVIe s., les paysages et les scènes de la vie quotidienne devinrent des sujets à part entière, les natures mortes évoluant dans la même direction. Si, dans le domaine de la peinture de genre, Bruegel l'Ancien subit l'influence italienne, c'est bien plus dans l'organisation picturale que dans le choix des sujets, qui restaient dans la tradition nordique : Bruegel n'idéalisa pas les comportements humains, mais les représenta dans leurs détails les plus réalistes.
À la charnière entre XVIe et XVIIe s., fait écho une divergence sur le plan artistique à la séparation politique entre Pays-Bas du Nord et Pays-Bas du Sud. Si le XVIIe s., marqua un tournant aussi bien au Sud qu'au Nord, le maniérisme s'effaçant devant l'art baroque, celui-ci se manifesta différemment en Flandre et en Hollande. Le catholicisme réinstallé en Flandre, l'Église y devint commanditaire d'œuvres d'art. La bourgeoisie, qui tendait à se constituer en aristocratie, continua cependant d'apprécier les tableaux à sujets mythologiques et historiques, aussi bien que les scènes de la vie quotidienne. Mais, quel que soit le sujet, les peintres flamands perpétuèrent leur style, caractérisé par des couleurs brillantes et des compositions décoratives, même pour les sujets les plus dramatiques.
Tandis que dans les Pays-Bas du Nord coexistaient plusieurs styles locaux, en Flandre la peinture était dominée par le seul Rubens, qui opèrait la synthèse des traditions locales – intérêt pour les paysages détaillés, les couleurs brillantes et la texture complexe – et italiennes – goût pour les compositions à grande échelle – en créant des scènes monumentales vibrantes de vie."
Source : https://www.larousse.fr/encyclopedie/
Femme à sa toilette, copie d'une œuvre perdue de Jan Van Eyck par un artiste inconnu, début XVIe siècle.
Choix guidé par l'originalité de la scène (avec bassine).
Pour un Jan Van Eyck à hauteur de sa splendeur : "La grandeur au miroir de l'intime" par Stéphanie Deprouw‑Augustin.
"Annonciation" du "volet central d'un triptyque destiné au Duomo de Chieri".(1428-1430), Rogier Van Der Weyden.
Art de rayonnement accompli jusqu'aux truculences ordinaires - à ses solides prémisses tel qu'illustré dans cette page : soin, savoir et dextrérités variés s'installent pour fonder une longue et riche tradition picturale extrêmement importante pour qui est passionné par l'humanité en son logis et sa sociabilité quotidienne, et là où la Bretagne tissa de forts liens commerciaux et culturels grâce à la voie maritime, et davantage (les terres, notamment de France).