oriibu.canalblog.com/archives/2012/08/04/24837693
"Shintô est composé de deux idéogrammes (ou kanji) d’origine chinoise :
- shin (神, kami en japonais) veut dire dieu ou dieux,
- to ( 道 , do ou michi en japonais) veut dire voie.
Shinto veut donc dire "voie des dieux", et les deux kanji ensemble peuvent également se traduire en japonais par kami no michi, l’autre nom du shinto.
Pour être très précis, la traduction de kami serait plutôt "force ou principe spirituel agissant", mais les termes dieu ou divinité sont employés communément.
Le pluriel employé dans "Voie des dieux" renvoie tout de suite à une notion de religion polythéiste, ce qui est confirmé par la présence effective de nombreuses divinités (kami) adorées dans les sanctuaires shinto. Pour cette raison, le shinto est souvent rapproché du chamanisme. Effectivement le shinto est issu des croyances et des pratiques rituelles apparues à l’époque protohistorique du Japon : culte de la nature, culte des morts, rites agraires. Ces croyances et rites ne prirent le nom "shinto" et ne furent clairement décrites qu’au 6ème siècle, en réaction à la concurrence du bouddhisme qui avait soudain les faveurs de la cour du Yamato et à l’influence grandissante de cette religion.
(...)
Le shinto est une religion de l’ "ici et maintenant" qui ne se préoccupe pas "de ce qui est arrivé auparavant ni de ce qui arrivera plus tard" (Jean Herbert). Il n’y a pas de recherche d’une meilleure place dans un au-delà, mais une recherche de l’harmonie dans la vie présente. Et cette harmonie ne s’atteint pas en suivant une loi dogmatique, mais en développant un certain nombre de valeurs telles que le sens du devoir, la responsabilité, la fidélité, le sens de la communauté. Ces valeurs sont, très clairement, les valeurs de la société japonaise depuis plus de mille ans, comme on peut en juger dans le Japon féodal avec le bushido (voie des guerriers) par exemple, et dans le Japon moderne avec le fonctionnement de la société qui, bien qu’imprégnée de culture occidentale, garde coûte que coûte ses spécificités (respect, notion de groupe, devoir, fidélité).
Le shinto, développant une pensée non intellectuelle, privilégie un sens irrationnel qui donne une sensibilité esthétique et religieuse étonnante. Les japonais peuvent rester des heures assis face au spectacle de la nature sauvage ou à la beauté d’un jardin zen, leur esprit communiant alors avec la beauté de la nature, c'est-à-dire la puissance des kami. De même, ils sont également très sensibles à la puissance spirituelle qui peut se dégager d’une cathédrale européenne comme d’une toute petite chapelle gothique bretonne… (...)."
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